Coupes à 45° ou 60° · Arête centrale continue · Pose plus lente qu’une lame droite · Massif, contrecollé, stratifié ou vinyle
Le parquet point de Hongrie — qu’on écrit aussi pointe de Hongrie, les deux formes sont employées — assemble des lames coupées en biais qui se rejoignent bout à bout. Le motif forme des chevrons dont la pointe dessine une arête centrale parfaitement continue.
C’est cette ligne ininterrompue qui fait tout l’effet, et c’est aussi ce qui rend la pose difficile : chaque lame est coupée deux fois en biais, et la moindre dérive d’angle se cumule rang après rang jusqu’à devenir visible.
L’angle de coupe détermine la largeur du chevron et la perception de l’espace.
Le choix n’est pas qu’esthétique : à surface égale, un 60° demande plus de lames et plus de coupes.
Une point de Hongrie se pose à partir d’un axe tracé au sol, et tout en découle. Cet axe se cale rarement sur un mur, parce que dans un appartement ancien aucun mur n’est droit : on le cale sur la perspective principale — l’entrée, la baie, la ligne de fuite du regard.
Une fois l’axe arrêté, il n’y a plus de retour en arrière. C’est le moment du chantier où il faut prendre le temps.
Le motif existe dans les quatre familles. En massif et contrecollé, les lames sont prédécoupées en usine et la pose reste technique. En stratifié et vinyle, le motif est souvent imprimé ou préassemblé : le rendu est correct de loin, mais l’arête centrale n’a pas la même netteté.
Pointe de Hongrie en cours de pose : les lames sont coupées en biais et se rejoignent bout à bout.
C’est la question qu’on nous pose le plus souvent, et les trois termes sont régulièrement confondus — y compris dans les catalogues.
| Point de Hongrie | Bâton rompu | Lame droite | |
|---|---|---|---|
| Coupe des lames | En biais, à 45° ou 60° | Droite, à 90° | Droite |
| Assemblage | Bout à bout | Le bout d’une lame contre le flanc de la suivante | En rangs parallèles |
| Aspect | Chevrons à arête centrale continue | Marches d’escalier, décalées | Linéaire |
| Chute de matière | Élevée (coupes en biais) | Faible | Très faible |
| Temps de pose | Le plus long | Intermédiaire | Le plus court |
| Tolérance aux murs de travers | Bonne (pose en diagonale) | Bonne | Faible : la coupe s’élargit le long d’une plinthe |
| Surface minimale conseillée | Une vingtaine de m² | Une vingtaine de m² | Aucune |
Et le chevron dans tout ça ? C’est simplement l’autre nom du point de Hongrie : les deux désignent le même motif en V à arête continue. Le mot « chevron » est surtout employé par les fabricants de stratifié et de vinyle.
Les point de Hongrie se jugent sur une surface, pas sur un échantillon. Nous en avons plusieurs au showroom de Cagnes-sur-Mer.
Nous n’affichons pas de prix au mètre carré, parce qu’un parquet ne se chiffre jamais seul : il se chiffre avec sa pose, ses plinthes et son support. En revanche, voici honnêtement ce qui fait bouger la facture.
C’est le poste qui creuse l’écart avec une lame droite, et de loin. Deux coupes en biais par lame, un calepinage à tracer, un axe à respecter sur toute la surface : le temps passé n’a rien à voir. À bois identique, la pose d’une point de Hongrie coûte nettement plus cher que celle d’une lame droite.
Les coupes en biais génèrent des chutes qu’une pose droite ne produit pas. Il faut commander davantage de surface que la pièce n’en fait réellement — et prévoir une réserve, car les séries sortent des catalogues en deux ou trois ans.
Le « choix » décrit l’aspect, pas la qualité technique : un choix Premier accepte peu de nœuds, un choix rustique les assume. L’écart de prix est réel, et le choix le plus cher n’est pas toujours le plus beau sur une grande surface — un sol parfaitement uniforme finit par paraître artificiel.
Verni, huilé, brossé, blanchi, vieilli : chaque traitement a son coût et surtout ses conséquences d’entretien. Un vernis se nettoie facilement mais une rayure profonde demande un ponçage ; une huile se retouche localement mais se réapplique chaque année.
C’est le poste invisible, et celui qui réserve les surprises. Un sol irrégulier doit être ragréé avant toute pose collée, et un plancher chauffant impose un contrecollé plutôt qu’un massif.
Venez au showroom de Cagnes-sur-Mer avec vos mesures et quelques photos : on vous donne un chiffre juste plutôt qu’un prix d’appel.
Trois chantiers récents, avec le détail du bois, de la finition et de la surface.
Cannes, avenue Albert 1er
Cannes, la Croisette
Saint-Raphaël
Les deux circulent. « Point de Hongrie » est la forme traditionnelle du métier ; « pointe de Hongrie » s’est répandue par l’usage. Elles désignent exactement le même motif, et les catalogues emploient les deux.
La coupe des lames. En point de Hongrie elles sont coupées en biais et se rejoignent bout à bout, formant une arête centrale continue. En bâton rompu elles sont coupées droit et s’emboîtent perpendiculairement : le motif forme des marches d’escalier.
Oui, ce sont deux noms du même motif en V à arête continue. « Chevron » est surtout employé par les fabricants de stratifié et de vinyle, « point de Hongrie » par ceux de parquet en bois.
Le 45° donne un motif large qui élargit visuellement la pièce, c’est l’angle le plus courant. Le 60° resserre et allonge le chevron, ce qui convient aux couloirs et aux pièces en longueur. À surface égale, le 60° demande plus de coupes.
Pas à cause du bois, mais de la pose et de la chute. Chaque lame est coupée deux fois en biais, le calepinage se trace, et les coupes génèrent des chutes qu’une pose droite ne produit pas.
En dessous d’une vingtaine de mètres carrés, le motif est tronqué par les murs avant d’avoir eu le temps de se développer, et il écrase l’espace au lieu de le structurer. Dans ce cas une lame droite donne souvent un meilleur résultat.
Le motif se juge sur une surface, pas sur un échantillon de dix centimètres. Nous en avons au showroom de Cagnes-sur-Mer, en plusieurs essences et finitions.